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Longueur: nouvelle courte (1 à 4 pages)

  • L’Hiver

    L’Hiver

    et si un volcan…


    Martin se réveillait chaque jour avec les nouvelles. Il aimait connaître l’état du monde et le climat de la journée avant même de sortir de son lit. Son humeur dépendait de ce que le journaliste annonçait. En ce jour d’automne, aucun événement ne lui parut digne d’intérêt. Pas de catastrophe, aucune tuerie, aucune actualité politique… À peine parlait-on de tensions en banlieue et de l’éruption d’un volcan, sur une île lointaine. Rien de bien angoissant; au contraire, il imaginait les plages paradisiaques et le gros cône de roche qui crachait cendres et lave. Pas de morts, pas de blessés, tout était sous contrôle.

    Le lieu allait peut-être devenir une destination pour touristes: Martin, comme tant d’autres, était fasciné par ces violences de la Terre. Le phénomène naturel le plus violent qu’il ait vécu devait être un orage. Pas même une tempête, un gros orage d’été, quelques litres d’eau balancés au hasard, un peu de vent, une poignée d’arcs électriques.


    Projet abandonné.

  • Présidentielle

    Présidentielle

    Une jeune inconnue ambitionne de devenir présidente de la République Française


    – Vous vous souvenez des affaires de dopage dans le cyclisme? À l’époque, j’avais lu un article de journal qui établissait le podium du Tour de France, mais en éliminant tous ceux qui avaient été mêlés à des affaires. Du coup, tous les favoris giclaient et c’étaient presque que des inconnus.

    – Et alors?

    – Alors, a-t-il expliqué, c’est pareil en politique. Tu prends les ministres de Micron: de Miaule bouffe du homard aux frais de l’État, Richard Ferronnier a fait du conflit d’intérêts, Marilyn vend ses bouquins au frais du ministère…

    – C’est un secrétariat, a précisé Thomas.

    – C’est la même chose. Et il y a tous ceux qui ont été à la direction des grands groupes. Et c’est pas mieux chez la concurrence: La Peine a détourné de l’argent européen, Bénichon a aussi eu une affaire d’emplois fictifs, et avant il y avait François Dairche qui salariait sa femme et DLC qui tringlait des femmes de chambre.»


    Ça se passe de commentaires…

    Pas disponible, désolé.

  • La nature post-humaine

    La nature post-humaine

    traité de chirurgie transhumaniste


    Il existe de nombreuses manières d’améliorer l’humain. À notre stade de maîtrise, nous sommes peu ou prou capables de tout transformer. Le cerveau, évidemment, mais aussi la peau, la musculature, le fonctionnement des organes. Certaines techniques ont d’ailleurs été reprises par d’autres spécialités: les cardiologues ont adopté les cœurs artificiels et ne nous consultent que pour les branchements neuraux.

    Je devrais améliorer l’humain, le rendre plus adapté à son environnement, plus intelligent, le doter de nouvelles capacités. En quelque sorte, c’est ce que je fais. Je me sens coupable de me plaindre de mon sort, mais pourtant la vérité est là: le métier que j’exerce est bien loin de ce que j’avais choisi.


    Écrit pour un appel à textes

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    Texte complet

    Quand j’ai commencé mes études, j’avais la tête pleine d’ambitions. J’étais convaincu que moi et ma génération allions changer l’humanité, assister à la naissance d’une nouvelle espèce. Le choix de la médecine était naturel, la meilleure voie pour participer à ce moment historique. Franchir un palier, nous ne sommes pas les premiers à en rêver.

    J’ai toujours privilégié ce qui me rapprocherait des laboratoires à visée transhumaniste. Je n’ai rien contre le fait de soigner les gens, mais ce n’est pas ce qui me motive.

    J’ai terminé mon cursus avec d’excellents résultats, toutes les portes m’étaient ouvertes. La chirurgie implantatoire, les branchements neuraux. J’ai rencontré les premiers améliorés et les chercheurs qui s’en étaient occupé. J’ai moi-même appris à poser les appareils, à faire des greffes. À cette époque, le transhumanisme était encore confidentiel, les services concernés étaient liées à des laboratoires de recherche, l’expérimentation jouait un rôle important. Mais, comme tout le reste, nous en sommes venu à maîtriser les procédés, les premières cliniques sont apparues. À présent, elles ont pignon sur rue.

    Naturellement, je suis devenu chirurgien transhumaniste. Je suis une sommité dans le domaine, ce que je considère comme une juste récompense des efforts que j’ai fournis. Les médias m’invitent régulièrement, les célébrités viennent me consulter. Je devrais avoir réalisé mon rêve.

    Il existe de nombreuses manières d’améliorer l’humain. À notre stade de maîtrise, nous sommes peu ou prou capables de tout transformer. Le cerveau, évidemment, mais aussi la peau, la musculature, le fonctionnement des organes. Certaines techniques ont d’ailleurs été reprises par d’autres spécialités: les cardiologues ont adopté les cœurs artificiels et ne nous consultent que pour les branchements neuraux.

    Je devrais améliorer l’humain, le rendre plus adapté à son environnement, plus intelligent, le doter de nouvelles capacités. En quelque sorte, c’est ce que je fais. Je me sens coupable de me plaindre de mon sort, mais pourtant la vérité est là: le métier que j’exerce est bien loin de ce que j’avais choisi.

    L’opération que je pratique le plus est la pose d’un régulateur musculaire. Une petite interface neurale, vite posée, qui permet de contrôler précisément son activité musculaire. La publicité dit que cela permet d’améliorer ses performances sportives. En vérité, il n’en est rien et personne n’est dupe: la seule utilité de cet appareil est de contrôler sa musculature et d’avoir un corps d’athlète sans effort. C’est l’opération préférée des hommes, après quelques semaines ils développent des pectoraux saillants et des deltoïdes si large qu’on les croirait taillés dans une boule de bowling.

    Les femmes, elles, aiment aussi beaucoup les régulateurs musculaires, mais elles les lient invariablement avec un contrôleur hormonal. Leur action remplace les  implants mammaires et toutes les opérations liées au remodelage du corps. Ce qui explique d’ailleurs que les esthéticiens aient si rapidement rejoint nos rangs.

    Les modifications physiques ne s’arrêtent pas là: le traitement dermique, malgré son prix, a aussi bien des adeptes, de même que les cellules capillaires. Bronzer sur commande, faire apparaître des tatouages, modifier sa coupe de cheveux en un instant, nous en faisons bientôt cinquante par semaine. Et nous voyons de plus en plus de tatouages mobiles dans les rues. Certains en profitent même pour lire le journal, qu’ils affichent sur leur poignet.

    On me reprochera d’être réducteur. Bien sûr, la chirurgie transhumaniste ne se résume pas à des modifications de l’apparence. Le transmetteur, qui permet de communiquer avec un ordinateur, est très apprécié des hommes d’affaire. Les oisifs, pour leur part, préfèrent les régulateurs neuronaux. Ils modifient leur humeur, ce qui leur permet d’être euphoriques en permanence. Parfois, ils se suicident en s’administrant une surdose de sensations agréables. Les appareils que nous vendons sont bridés, mais tout le monde sait qu’il est très facile de les déverrouiller.

    Mais j’en viendrais presque à oublier le sexe amélioré. Là aussi, c’est un rêve masculin que d’être doté d’un phallus aussi long qu’un avant-bras, capable de vibrer, de devenir plus ou moins élastiques, de faire apparaître sur commande différents reliefs censés améliorer le plaisir. La rumeur veut qu’une femme qui y a goûté ne puisse plus s’en passer.

    Comme on l’avait prédit au début du siècle, il y a maintenant un fossé entre les post-humains et les autres. Mais de là à dire que la science a amélioré l’humain… Elle lui a seulement offert de nouveaux outils pour révéler sa nature.

  • Le perfectionnement continu

    Le perfectionnement continu

    « Je ne peux pas dire que j’aime la beauté. »


    Si vous ne faites aucun effort pour vous, pensez au moins à vos proches. Éprouvez-vous un plaisir mesquin lorsqu’ils ont honte de s’afficher avec vous? Êtes-vous réellement sadique? Vous repaissez-vous de leurs souffrances lorsque leurs yeux croisent votre faciès ravagé par les rides?

    Et d’ailleurs, que diraient nos descendants s’ils voyaient qu’il y a encore des rides sur nos visages? À n’en pas douter, ils se moqueraient du manque de volonté de leurs ancêtres. Ces naïfs pensaient sauvegarder ce qu’ils appelaient la nature; le monde ne va pourtant pas plus mal depuis que les vaches poussent comme des végétaux.


    Disponibilité: recueil

  • La fin du monde

    La fin du monde

    préparatifs


    Mes doutes ont tout de même fini par disparaître. Il n’y avait pas qu’un seul type, mais plusieurs, et ils étaient tous tombés d’accord sur la même date. C’est ce qu’ils appellent un faisceau de convictions, dans les séries. Et quand le faisceau est gros, ça devient une preuve. Alors je me suis renseigné sur ces types et j’ai bien vu qu’ils étaient crédibles. Des spécialistes en calendrier, c’est pas rien. Et je me suis mis à y croire.

    Quand j’en ai parlé à mes collègues, il y en a bien quelques-uns qui ont ri. Alors je leur ai demandé de me prouver que j’avais tort et que la fin du monde n’aurait pas lieu à cette date. Ils ont rien trouvé à répondre. Certains étaient un peu sceptiques, mais c’est vrai que ça devait pas mal remettre leurs vies en question. Je comprends que ça fasse un choc. D’ailleurs, j’y ai moi-même réfléchi. Qu’on me dise la date de la fin du monde, c’est bien, mais je préférerais pas mourir n’importe où. Vous imaginez la honte? Surpris par la mort dans sa douche, ou sur ces toilettes. Je préfère ne pas y penser.


    Disponibilité: à définir.

  • Le sens de la vie

    Le sens de la vie

    le confort d’une existence sans liberté


    La silhouette se matérialisa devant la porte d’entrée d’un vieux bâtiment locatif. La vitre était brisée à la hauteur de la poignée, elle introduisit le bras entre les lames de verre pour déverrouiller. Elle fit ensuite pivoter l’armature métallique sur ses gonds, en essayant de faire le moins de bruit possible. Il y eut quelques impacts de verre émietté et le frottement de l’acier sur le béton. La silhouette entra dans le hall d’entrée obscur. L’installation électrique ne garantissait plus l’éclairage, les néons avaient été emportés. La silhouette se fondit dans le décor jusqu’au pied de la rampe d’escaliers. Elle fouilla alors dans une poche latérale, et en ressortit un assemblage complexe. La coque en plastique avait disparu. La fonction de l’ensemble était de connecter une pile à une diode. Elle tâtonna dans l’obscurité avant de parvenir à activer les composantes. Une lumière bleue jaillit, suffisamment puissante pour permettre de distinguer les motifs de la moquette flétrie.


    Disponibilité: recueil

  • Zevhub le Preux

    Zevhub le Preux

    l’épopée d’un soiffard


    Zevhub le grand héros partit de bon matin
    Il traversa les plaines une bouteille à la main
    Demanda aux passants “où c’est qu’il est l’dragon?
    Si j’ai bien tout compris il rend les gens ronchons.”

    Zevhub le Preux marchait
    Zevhub le Preux marchait
    D’un pas mal assuré

    Il gravit les montagnes, traversa les déserts
    La soif était terrible, tout n’était que poussière
    Son épée, la Hâcheuse, pesait lourd à son bras
    Et il sentait le vent annoncer son trépas.


    Disponible dans le recueil ???

  • Laitue

    Laitue

    vie quotidienne d’une self-made plante


    Le soleil est levé depuis quelques temps; malheureusement, les grands ennemis le voilent, et l’air est humide. Aucune laitue n’a trouvé de moyen de lutter contre les nuages. J’ai puisé l’eau dont j’avais besoin, mais mon corps fonctionnait au ralenti. Je devais me contenter d’attendre. L’inaction est pénible, d’autant plus que je souhaitais fleurir rapidement. J’évaluais donc mes réserves et l’énergie qu’il me faudrait dépenser, quand une affreuse douleur m’a tirée de mes calculs. Pas de doute, je me faisais manger. Selon la nature des morsures, leur fréquence et leur taille, il s’agissait d’une limace. Contre ce genre d’ennemis non plus il n’y a rien à faire, si ce n’est attendre qu’elles soient repues, que le soleil les chasse et que la pluie efface leurs traces de bave, qui me privent de lumière.


    Récit de jeunesse

    Disponibilité:

    • Recueil «Dossiers de jeunesse» (format EPub)

  • Présence extraterrestre?

    Présence extraterrestre?

    une invasion invisible


    L’aurore teintait le ciel noir de traînées rouges et mauves; le sol, simultanément, prenait une teinte verte, qui faisait ressortir les îlots de végétation, nuages sur un ciel d’été. Dans les maisons, assemblées comme des feuilles de laurier sur une couronne, la vie prenait doucement le pas sur le sommeil. L’horloge à eau égrenait des gouttes, qui troublaient la surface des bassins ovales. Les paupières s’ouvraient, les corps émergeaient, se répandaient paresseusement vers la salle à manger, avalaient leur déjeuner, et quittaient la maison. En un instant, il n’y avait plus personne, seuls les robots s’activaient, nettoyaient le sol, lavaient les grands récipients ovales qui parsemaient la maison, purifiaient le liquide qu’ils contenaient.

    Le journal arriva peu avant midi. Il glissa par une ouverture, atterrit délicatement sur les claies du sol. Il n’y avait personne, et les robots n’y prêtèrent aucune attention. Les rayons lumineux se déplaçaient au fil du temps, et finirent par faire scintiller les entrelacs de caractère qui composaient la première page. On aurait dit qu’un calligraphe, tout à sa folie créatrice, n’avait pas pris la peine de faire figurer un texte. Pourtant, le titre du premier article était « présence extraterrestre? »


    Récit de jeunesse

    Disponibilité:

    • Recueil «Dossiers de jeunesse» (format EPub)

  • Du sang sur les mains

    Du sang sur les mains

    forcé à commettre un curieux crime


    «C’est ton rapport personnel qui compte», m’ont-ils répété, «travaille là-dessus!» Fort bien, j’ai obéi. Maintenant, j’ai du sang sur les mains, je viens d’arracher un cœur, et une odeur horrible a envahi la pièce. Une catastrophe. Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi terrible. Je regrettais, j’aurais aimé revenir en arrière, mais en même temps cette envie me semblait tristement pathétique; on oublie simplement très rapidement, et je n’étais plus habitué à ce genre de massacres. Et, de toute façon, je me suis répété que les regrets étaient inutiles: on ne peut pas changer le passé. Il ne me restait plus qu’à finir ce que j’avais commencé.


    Récit de jeunesse

    Disponibilité:

    • Recueil «Dossiers de jeunesse» (format EPub)