Étiquette : Titre de travail

  • La politesse du désespoir

    Des tags qui s’amusent de l’effondrement


    Elle eut la délicatesse de changer de sujet:

    – Au fait, je t’ai pas dit: ce matin, il y avait une sorte de tag contre des immeubles.

    – Ah? Qu’est-ce que c’était?

    – Une inscription. Ça disait… attends que je m’en souvienne… Ça disait: “grâce aux mesures du gouvernement, le diabète de type II a été éradiqué en Suisse”.

    Il eut un petit rire nerveux, qu’il réprima.


    Écrit pour le NaNoWriMo 2019

    Incomplet – disponible sur demande

  • Déconversion

    captifs volontaires


    – C’était quoi le problème avec les réclamations?

    – C’est toujours pareil, a-t-il expliqué. Les gens t’appellent, te disent « j’ai acheté un repas au magasin et j’arrive pas à le cuire, comment je dois faire? » Tu leur demandes quelle marque c’est, ils te disent que c’est du Segma, et tu leur expliques que pour cuire du Segma, il faut un four Segma. Si ton four est un Gardin, les plats que tu dois acheter sont des plats Gardin.

    – C’est pas compliqué, pourtant, il me semble!

    – Non, c’est ça qui est énervant. Et quand tu as une maman qui te dit « je n’arrive plus à appeler mon fils, ça fonctionne pas », elle te fait une crise au bout du fil, alors que c’est toujours pareil: si tu veux utiliser les appels avec un téléphone Gardin, il faut que l’autre soit aussi un Gardin. C’est une garantie de qualité.


    Écrit pour le NaNoWriMo 2019

    Disponible dans le recueil NaNoWriMo

  • La fin du monde

    La fin du monde

    préparatifs


    Mes doutes ont tout de même fini par disparaître. Il n’y avait pas qu’un seul type, mais plusieurs, et ils étaient tous tombés d’accord sur la même date. C’est ce qu’ils appellent un faisceau de convictions, dans les séries. Et quand le faisceau est gros, ça devient une preuve. Alors je me suis renseigné sur ces types et j’ai bien vu qu’ils étaient crédibles. Des spécialistes en calendrier, c’est pas rien. Et je me suis mis à y croire.

    Quand j’en ai parlé à mes collègues, il y en a bien quelques-uns qui ont ri. Alors je leur ai demandé de me prouver que j’avais tort et que la fin du monde n’aurait pas lieu à cette date. Ils ont rien trouvé à répondre. Certains étaient un peu sceptiques, mais c’est vrai que ça devait pas mal remettre leurs vies en question. Je comprends que ça fasse un choc. D’ailleurs, j’y ai moi-même réfléchi. Qu’on me dise la date de la fin du monde, c’est bien, mais je préférerais pas mourir n’importe où. Vous imaginez la honte? Surpris par la mort dans sa douche, ou sur ces toilettes. Je préfère ne pas y penser.


    Disponibilité: à définir.