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Avancement: terminé

  • Couverture

    Couverture

    dans une cellule de prison


    J’habite un parallélépipède rectangle métallique de deux mètres de long, deux de large et deux de haut. Au plafond, qui est blanc immaculé, il y a une ampoule protégée par deux barres de fer épaisses qui s’entrecroisent, pour éviter qu’on ne la brise. Au sol, il y a des toilettes. Elles sont fonctionnelles et propres. Au mur est fixé un lit. Et voilà, il n’y a rien d’autre.

    Pendant au moins quinze heures par jour, il y a une humaine. C’est bien son histoire que je vais raconter; si vous pensiez encore que j’allais me rabattre sur un humain, vous aviez raison, en tout cas en partie: son destin est maintenant étroitement lié au mien.


    Une de mes toutes premières publications, dans la revue littéraire du gymnase!

    Disponibilité:

    • Recueil «Dossiers de jeunesse» (format EPub)

  • Laitue

    Laitue

    vie quotidienne d’une self-made plante


    Le soleil est levé depuis quelques temps; malheureusement, les grands ennemis le voilent, et l’air est humide. Aucune laitue n’a trouvé de moyen de lutter contre les nuages. J’ai puisé l’eau dont j’avais besoin, mais mon corps fonctionnait au ralenti. Je devais me contenter d’attendre. L’inaction est pénible, d’autant plus que je souhaitais fleurir rapidement. J’évaluais donc mes réserves et l’énergie qu’il me faudrait dépenser, quand une affreuse douleur m’a tirée de mes calculs. Pas de doute, je me faisais manger. Selon la nature des morsures, leur fréquence et leur taille, il s’agissait d’une limace. Contre ce genre d’ennemis non plus il n’y a rien à faire, si ce n’est attendre qu’elles soient repues, que le soleil les chasse et que la pluie efface leurs traces de bave, qui me privent de lumière.


    Récit de jeunesse

    Disponibilité:

    • Recueil «Dossiers de jeunesse» (format EPub)

  • Présence extraterrestre?

    Présence extraterrestre?

    une invasion invisible


    L’aurore teintait le ciel noir de traînées rouges et mauves; le sol, simultanément, prenait une teinte verte, qui faisait ressortir les îlots de végétation, nuages sur un ciel d’été. Dans les maisons, assemblées comme des feuilles de laurier sur une couronne, la vie prenait doucement le pas sur le sommeil. L’horloge à eau égrenait des gouttes, qui troublaient la surface des bassins ovales. Les paupières s’ouvraient, les corps émergeaient, se répandaient paresseusement vers la salle à manger, avalaient leur déjeuner, et quittaient la maison. En un instant, il n’y avait plus personne, seuls les robots s’activaient, nettoyaient le sol, lavaient les grands récipients ovales qui parsemaient la maison, purifiaient le liquide qu’ils contenaient.

    Le journal arriva peu avant midi. Il glissa par une ouverture, atterrit délicatement sur les claies du sol. Il n’y avait personne, et les robots n’y prêtèrent aucune attention. Les rayons lumineux se déplaçaient au fil du temps, et finirent par faire scintiller les entrelacs de caractère qui composaient la première page. On aurait dit qu’un calligraphe, tout à sa folie créatrice, n’avait pas pris la peine de faire figurer un texte. Pourtant, le titre du premier article était « présence extraterrestre? »


    Récit de jeunesse

    Disponibilité:

    • Recueil «Dossiers de jeunesse» (format EPub)

  • Le Passage

    Le Passage

    l’entrée de l’enfer


    Le ronflement que générait la vie nocturne du lieu peupla leurs rêves d’insectes étranges, caparaçonnés comme les monstres qui glissaient silencieusement dans l’obscurité. En ouvrant les yeux, ils auraient pu se rendre compte que nombre d’entre eux leur tournaient autour comme des papillons de nuit autour des flammes.

    Au petit matin, des éclats de voix les tirèrent du sommeil. Deux personnes, sur le trottoir opposé, criaient des mots presque inconnus dans une langue rendue peu familière par les intonations particulières qu’ils utilisaient. Ils se levèrent, mal à l’aise, potentiellement menacés par les propos incompréhensibles, rangèrent leur couverture, mangèrent quelques biscuits secs et burent l’eau de leur gourde.


    Récit de jeunesse

    Disponibilité:

    • Recueil «Dossiers de jeunesse» (format EPub)

  • Mise à prix

    Mise à prix

    un tueur à gages, un saloon et un mariage


    La nuit était tombée rapidement, surprenant les troupeaux loin de leur point de ralliement. Le corps d’Herbert Tubb avait été enlevé, un appel à témoins était affiché au mur de la prison et sur la porte du saloon. Il précisait que la corde était déjà tressée pour le meurtrier. La ville ne proposait pas de récompense et les foules ne se pressaient pas. De toute façon, peu de personnes savaient lire, surtout des mots aussi étranges qu’ »acte de citoyenneté » ou « législation civile ». Le shérif les avait trouvés dans le livre qu’un commis du gouverneur lui avait remis, et il l’avait lu, par curiosité. Dans son office, qui servait à la fois de tribunal, de prison, d’étude de notaire, d’archives municipales et de bureau de poste, il tirait sur un cigarillo effilé, consultait ses registres, et ne se faisait pas d’illusions: le coupable ne serait pas découvert si ses proches ou ses commanditaires ne le vendaient pas. Ou ne l’abattaient pas.


    Récit de jeunesse

    Disponibilité:

    • Recueil «Dossiers de jeunesse» (format EPub)

  • Du sang sur les mains

    Du sang sur les mains

    forcé à commettre un curieux crime


    «C’est ton rapport personnel qui compte», m’ont-ils répété, «travaille là-dessus!» Fort bien, j’ai obéi. Maintenant, j’ai du sang sur les mains, je viens d’arracher un cœur, et une odeur horrible a envahi la pièce. Une catastrophe. Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi terrible. Je regrettais, j’aurais aimé revenir en arrière, mais en même temps cette envie me semblait tristement pathétique; on oublie simplement très rapidement, et je n’étais plus habitué à ce genre de massacres. Et, de toute façon, je me suis répété que les regrets étaient inutiles: on ne peut pas changer le passé. Il ne me restait plus qu’à finir ce que j’avais commencé.


    Récit de jeunesse

    Disponibilité:

    • Recueil «Dossiers de jeunesse» (format EPub)

  • Chers proches, amis, famille, etc.

    Chers proches, amis, famille, etc.

    lettre de suicide cynique


    Chers proches, amis, famille, etc.

    Je ne pense pas que vous soyez déjà en état de choc en lisant ces lignes; mais je vous préviens que ça ne saurait tarder. C’est étonnant comme, même mort, il est possible d’avoir une influence sur les vivants. Je ne crois pas aux fantômes, que personne ne se méprenne, mais certaines actions que l’on effectue de son vivant affectent quelques autres humains même après sa propre mort. Qui, en effet, n’a pas été fasciné par un texte de Voltaire, une peinture de Manet ou une invention de Léonard de Vinci? Qui n’a pas retenu son souffle pendant quelques mesures de Mozart? Beaucoup de monde, je sais. Mais certaines personnes, cependant, continuent à admirer ces vieilleries laissées derrière elles par des morts. Et d’autres vont jusqu’à admirer longuement des tessons de terre cuite, des outils primitifs, ou même quelques trous dans des parois rocheuses, qui datent de plusieurs millénaires, et qui, probablement, n’ont pas suscité à l’époque l’intérêt qu’on leur accorde maintenant.


    Récit de jeunesse

    Disponibilité:

    • Recueil «Dossiers de jeunesse» (format EPub)